Quels sont les symptômes de la maladie de Parkinson ?

Qu'est ce que la maladie de Parkinson ? 

La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative chronique qui se caractérise par la disparition progressive des neurones dans le cerveau. Plus précisément, ce sont les neurones dopaminergiques qui sont touchés.

À quoi sert la dopamine ?1
Les neurones dopaminergiques produisent la dopamine, un neurotransmetteur essentiel pour contrôler les mouvements volontaires, mais aussi pour réguler la cognition et les émotions. Quand environ 50 à 70 % de ces neurones dans le cerveau ont disparu, le déficit de dopamine devient tel que le cerveau ne peut plus compenser, et les premiers symptômes apparaissent.

Cette phase préclinique peut durer plusieurs années avant de remarquer le moindre symptôme.

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Symptômes non moteurs et signes prodromaux de la maladie de Parkinson1,2 

La maladie de Parkinson débute souvent en silence. Ses manifestations non motrices, tout comme ses signes prodromaux (annonciateurs), peuvent apparaître 5 à 10 ans voire plus avant les premiers tremblements ou signes moteurs classiques. Près de 60 à 98 % des personnes atteintes en souffrent à un moment de leur parcours.

Ces manifestations, très variables d'un individu à l'autre, peuvent impacter le quotidien de manière significative.

Les principaux signes annonciateurs ou prodromaux 

  • Perte de l'odorat

    Diminution ou perte totale de l'odorat. Ce signe très caractéristique s'installe bien avant les troubles moteurs et passe fréquemment inaperçu au début.

  • Constipation chronique

    Elle peut précéder d'une dizaine d'années les troubles moteurs (touchant jusqu'à 70 % des patients). Le ralentissement du transit est lié à l'atteinte des neurones qui commandent les muscles du tube digestif.

  • Trouble du comportement en sommeil paradoxal

    L'un des signes précurseurs les plus fréquents. Le patient "vit" ses rêves et s'agite de manière brusque, voire violente, durant la nuit.

  • La micrographie (rétrécissement de l'écriture)

    Bien qu'il s'agisse techniquement d'un signe lié à la motricité (lenteur et raideur), le changement d'écriture est un des premiers signes d'alerte physiques. Les lettres deviennent de plus en plus petites et serrées au fil des lignes.

Les symptômes non moteurs : 

Ces symptômes peuvent débuter avant le diagnostic ou se développer au cours de l'évolution de la maladie. Ils impactent considérablement la qualité de vie et touchent 60 à 98 % des patients.

Troubles de l'humeur et psychologiques :

  • Anxiété (30 à 50 % des patients) et dépression (environ 35 %) : ces troubles résultent directement de l'atteinte des systèmes dopaminergiques et noradrénergiques dans le cerveau. Ils compliquent parfois le diagnostic initial lorsqu'ils apparaissent en premier. 

Troubles généraux et sensoriels : 

  • Fatigue intense (80 % des patients) : épuisement extrême qui survient sans effort particulier et que le repos ne parvient pas à soulager. Elle est causée par la baisse de dopamine et de sérotonine.
  • Douleurs chroniques (80 % des patients) : manifestations variées telles que des raideurs musculaires, des crampes nocturnes, des sensations de fourmillements ou des dystonies (contractions musculaires involontaires).

Autres troubles du sommeil et digestifs : 

  • Insomnie et somnolence : fragmentation du sommeil (réveils multiples pendant la nuit) et forte somnolence durant la journée.
  • Inconfort digestif : en plus de la constipation, les patients souffrent régulièrement de ballonnements, de crampes abdominales et de nausées.
À retenir : La maladie de Parkinson s'exprime de manière unique chez chaque individu : il existe autant de formes de la maladie qu'il y a de patients. Ces symptômes précoces et non moteurs ne se manifestent pas tous systématiquement. Leur présence et leur intensité dépendent de nombreux facteurs, tels que l’âge au moment du diagnostic, l’ancienneté de la pathologie ou l’existence d’autres problèmes de santé.
Comment diagnostiquer la maladie de Parkinson ?

Plusieurs étapes permettent de poser un diagnostic fiable et d'entrer dans un parcours de soins adapté lorsqu’une maladie de Parkinson est suspectée.1,2

1. Examen clinique et syndrome parkinsonien

Le diagnostic de Parkinson repose avant tout sur un examen clinique réalisé par un neurologue. Ce spécialiste questionne le patient sur ses antécédents et observe attentivement ses mouvements : tremblements au repos, lenteur des gestes, rigidité musculaire, troubles de l'équilibre. Il recherche un syndrome parkinsonien caractéristique, souvent asymétrique (un côté du corps plus touché que l'autre). Dans certains cas, le neurologue prescrit le précurseur de la dopamine manquante dans le cerveau pour tester la réaction: une réponse positive et significative au traitement dopaminergique constitue un argument thérapeutique majeur en faveur du diagnostic.

2. Scintigraphie cérébrale et autres imageries

Si un doute persiste, une scintigraphie cérébrale au DaTscan peut être demandée. Cet examen d'imagerie mesure la densité des transporteurs de dopamine dans le cerveau : une diminution marquée est associée à la maladie de Parkinson. Toutefois, le DaTscan ne permet pas de distinguer Parkinson d'autres syndromes parkinsoniens. D'autres examens (Imagerie par Résonance Magnétique , Tomographie par Émission de Positons  au Fluorodésoxyglucose) peuvent être utiles pour écarter d'autres pathologies, mais la plupart du temps, l'examen clinique suffit.

3. Centres experts et parcours de soins

En premier lieu, le médecin traitant oriente vers un neurologue libéral ou hospitalier. En cas de diagnostic complexe ou de difficultés thérapeutiques, il peut adresser à l'un des 25 Centres Experts Parkinson de France8. Ces structures hospitalières spécialisées assurent une prise en charge globale, du diagnostic aux traitements avancés, tout en participant à la recherche. Une fois le diagnostic confirmé, le médecin traitant demande une prise en charge au titre d'une affection de longue durée (ALD), ce qui facilite le remboursement des soins et l'accès à un suivi régulier

La triade parkinsonienne : les 3 symptômes moteurs clés1

La maladie de Parkinson se manifeste par une triade motrice caractéristique. Ces symptômes apparaissent progressivement, souvent de façon asymétrique, et leur intensité varie d'une personne à l'autre. Voici les trois manifestations motrices principales : 

Alors que la rigidité musculaire s'installe d'abord au niveau des membres, l'évolution de la maladie entraîne une progression des symptômes vers le centre du corps, donnant ainsi naissance aux troubles axiaux.

L'évolution et les phases de la maladie de Parkinson 1,2,6,7

À mesure que ces troubles axiaux s'installent et perturbent l'autonomie, ils marquent le passage à travers les 4 phases clés de l'évolution de la maladie

Les 4 phases de la maladie de Parkinson

Phase 1 : Les premiers symptômes 

Les signes sont souvent discrets, parfois non moteurs (fatigue, perte d'odorat) ou unilatéraux (tremblement d'une seule main).

Phase 2 : La « lune de miel » 

Grâce à l'instauration du traitement dopaminergique, les symptômes s'estompent de façon spectaculaire. Le patient retrouve une qualité de vie quasi normale pendant plusieurs années.

Phase 3 : Les fluctuations motrices

Avec le temps, l'efficacité des médicaments s'épuise plus vite entre deux prises. Le quotidien est alors rythmé par l'alternance de phases « ON » (bonne mobilité, mais parfois avec des mouvements involontaires ou dyskinésies) et de phases « OFF » (retour brutal de la raideur et des blocages).

Phases 4 : Le stade avancé et la perte d'autonomie 

Les symptômes moteurs et non moteurs s'intensifient (troubles de l'équilibre, de la déglutition), rendant l'assistance quotidienne indispensable et nécessitant une adaptation majeure des traitements (pompes, prise en charge globale).

En savoir plus sur les phases de la maladie de parkinson

Les complications motrices et troubles associés

1. Les troubles axiaux

Contrairement à la triade motrice qui touche principalement les membres, les troubles axiaux affectent l'axe du corps (tronc, cou, tête). Ils regroupent les problèmes d'équilibre (instabilité posturale), les troubles de la marche (blocages ou "freezing"), une posture souvent voûtée vers l'avant, ainsi que des difficultés d'élocution ou de déglutition. À mesure que ces troubles axiaux s'installent et perturbent l'autonomie, ils marquent le passage à travers les 4 phases clés de l'évolution de la maladie.

2. Troubles de l'équilibre et de la marche

Les anomalies de la démarche apparaissent généralement plus tardivement. Il est possible d'observer un raccourcissement du pas, une marche traînante avec les pieds qui semblent collés au sol (c’est appelé le “freezing”), et une posture penchée vers l'avant. L'instabilité posturale augmente le risque de chutes, car les réflexes d'équilibre sont perturbés. Ces troubles s'aggravent avec la progression de la maladie et nécessitent souvent un accompagnement en kinésithérapie pour maintenir la mobilité. 

3. Les fluctuations motrices

Les fluctuations désignent les variations de la mobilité qui surviennent au cours d'une même journée. La capacité à bouger n'est alors plus stable, mais change selon des cycles plus ou moins prévisibles.

On distingue généralement deux états différents :

  • Les périodes "ON" : La mobilité est satisfaisante, les mouvements sont fluides et les symptômes de la maladie sont bien atténués.
  • Les périodes "OFF" : Les symptômes réapparaissent ou s'intensifient. La lenteur, la raideur ou les tremblements reprennent, rendant les activités physiques beaucoup plus difficiles.

Ces passages d'un état à l'autre peuvent être graduels ou se produire de manière soudaine. Avec le temps, la durée des périodes de bonne mobilité peut s'écourter, entraînant une alternance plus fréquente entre ces deux phases. Ces fluctuations font partie de l'évolution de la maladie et nécessitent un suivi attentif pour optimiser le confort quotidien.

4. Les dyskinésies et dystonies1,7

La dystonie se définit par des contractions musculaires involontaires et prolongées. Ces tensions musculaires excessives entraînent des postures anormales ou des mouvements de torsion répétitifs.

Dans le cadre de la maladie de Parkinson, ces contractions touchent fréquemment les extrémités, notamment le pied (avec une flexion des orteils ou une inclinaison du pied vers l'intérieur) ou le cou. Elles se distinguent des dyskinésies par leur caractère souvent fixe et parfois douloureux. Elles surviennent généralement lors des périodes où les symptômes de la maladie sont les plus marqués, notamment le matin au réveil, ou lorsque la mobilité globale diminue. Ces postures contraignantes peuvent gêner la marche ou l'équilibre et nécessitent une attention particulière lors du suivi neurologique.

Les dyskinésies se manifestent par des mouvements involontaires et incontrôlés. Contrairement à la lenteur ou à la rigidité, il s'agit d'un surplus d'activité motrice.

Ces épisodes se caractérisent par des gestes désordonnés, des dandinements ou des mouvements de torsion pouvant toucher les bras, les jambes ou le tronc. Elles surviennent souvent par cycles durant la journée, alternant avec des périodes de plus grande raideur.

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Mise à jour  juin 2026 OR/26/05/001/GP