Le myélome multiple et le déficit immunitaire secondaire
La définition du myélome
Le myélome est un cancer qui prend naissance dans la moelle osseuse. Plus précisément, il affecte les plasmocytes, un type de globules blancs qui produit des anticorps pour combattre les infections. En cas de myélome, ces plasmocytes deviennent anormaux et se multiplient de manière incontrôlée, envahissant la moelle osseuse et parfois d'autres organes.
Qu’est-ce qu’un myélome multiple ?
Le myélome multiple est la forme la plus répandue et la plus agressive des myélomes, il entraîne des lésions osseuses, une production excessive d'anticorps anormaux et une suppression de la production d'autres cellules sanguines.
Le myélome multiple est un cancer rare qui représente environ 2% de l'ensemble des cancers.
En termes d'épidémiologie, les dernières données officielles de l'Institut National du Cancer (INCa) font état de 5 442 nouveaux cas diagnostiqués en 2018.
La maladie se caractérise par un âge moyen de diagnostic autour de 70 ans et évolue comme une pathologie chronique (c’est à dire une maladie de longue durée, souvent évolutive, qui nécessite une prise en charge médicale prolongée).
Myélome multiple et déficit immunitaire secondaire, quels liens ?
Le myélome multiple entraîne un déficit immunitaire secondaire en :
- Produisant des anticorps anormaux : Les plasmocytes cancéreux produisent des anticorps anormaux en grande quantité et non fonctionnels, on parle de pic monoclonal, la quantité d’anticorps normaux est réduite, induisant une hypogammaglobulinémie relative, réduisant ainsi la capacité de l’organisme à combattre les infections.
- Infiltrant la moelle osseuse : La prolifération des plasmocytes cancéreux dans la moelle osseuse entraîne une diminution de la production d'autres cellules sanguines, notamment les globules blancs, qui jouent un rôle essentiel dans la réponse immunitaire.
- Créant un dysfonctionnement des lymphocytes : Les lymphocytes, autres cellules clés du système immunitaire, peuvent être affectés par le myélome multiple, ce qui diminue leur capacité à reconnaître et à éliminer les agents infectieux.
Les traitements du myélome peuvent aussi altérer l’immunité humorale en détruisant de façon non ciblées les plasmocytes normaux et en diminuant ainsi la quantité d’anticorps fonctionnels.
Qu'est-ce qu'un déficit immunitaire secondaire (DIS) ?
Un déficit immunitaire secondaire (DIS) est un type de déficit immunitaire qui survient à la suite d'une autre pathologie ou d'un facteur extérieur, plutôt qu'à cause d'un problème génétique présent depuis la naissance.
Quels sont les principaux symptômes du Myélome multiple ?
Les douleurs osseuses constituent le signal d'alarme le plus fréquent, touchant particulièrement le dos et le bassin. Ces manifestations s'accompagnent d'une fatigue persistante liée à l'anémie.
La fragilité osseuse peut entraîner des fractures pathologiques, même lors de gestes quotidiens anodins. Les patients rapportent également des infections récurrentes, notamment respiratoires, en raison d'un système immunitaire affaibli.
Une surveillance particulière s'impose face à certains signaux : fièvre inexpliquée, perte de poids significative, essoufflement inhabituel. L'apparition de troubles rénaux nécessite aussi une attention médicale rapide, car l'accumulation de protéines anormales peut altérer le fonctionnement des reins. (Fondation ARC)
Comment diagnostiquer un Myélome multiple ?
Le diagnostic repose sur l’identification d’un anticorps anormal dans l’examen médical (on parle de pic monoclonal) ou un fragment de celui-ci (chaine légère) et est confirmé par la présence de plasmocytes anormaux sur une ponction de moelle osseuse (myélogramme).
Traitement du Myélome multiple
Le traitement du myélome multiple s'adapte à chaque patient en fonction de nombreux facteurs : l'âge, l'état de santé général, le stade de la maladie, et des caractéristiques spécifiques de la tumeur.
Les progrès thérapeutiques récents ont considérablement amélioré le pronostic du myélome multiple ces dernières années, permettant un meilleur contrôle de la maladie sur le long terme.
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La surveillance
pour les cas les moins agressifs.
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L’autogreffe de cellules souches :
pour les patients dont l'âge est inférieur à 65 ans et en bonne santé.
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Les thérapies ciblées et les traitements immunomodulateurs :
Ces médicaments détruisent spécifiquement les cellules cancéreuses ou inhibent leur prolifération.
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L'immunothérapie :
elle existe sous différentes formes, les anticorps dirigés contre les plasmocytes et plus récemment les anticorps bispécifiques. Ils engendrent très fréquemment un déficit immunitaire secondaire lié à une baisse des défenses immunitaire qui rend la substitution en immunoglobulines nécessaire.
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La chimiothérapie :
en raison de l’arrivée de nombreuses thérapies ciblées et immunothérapies mieux tolérées, la chimiothérapie est moins utilisée qu’autrefois mais elle reste précieuse en cas de contre-indication ou de mauvaise tolérance à un autre traitement. En outre, elle est indispensable dans le cadre de l’autogreffe.
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Les thérapies cellulaires ou CAR-T cell
sont des traitements de nouvelle génération où les lymphocytes T (type de globules blancs) du patient sont modifiés en laboratoire pour attaquer spécifiquement les plasmocytes puis réinjectés au patient.
Haute Autorité de Santé (HAS) et l'Institut National du Cancer (INCa). (2010, décembre). Myélome multiple. Consulté le 15 mai 2025
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