Apnées du sommeil : les femmes aussi sont concernées !
Longtemps considérée comme une pathologie principalement masculine, l'apnée du sommeil touche pourtant de nombreuses femmes, avec des symptômes souvent atypiques et sous-diagnostiqués.
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Les femmes sont 2x moins touchées par l'apnée du sommeil que les hommes*
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En France 1 femme sur 6 souffre de symptômes liés à l'apnée du sommeil*
L'essentiel : Comprendre ce qu’est l’apnée obstructive du sommeil
L’apnée obstructive du sommeil se caractérise par des arrêts involontaires et répétés de la respiration (appelés « apnées ») pendant le sommeil. Parfois, le flux d’air est très diminué mais ne s’arrête pas complètement: c’est une hypopnée. Chaque apnée ou hypopnée dure au moins 10 secondes.
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Qu'est-ce que l'IAH ?
L'index d'apnées/hypopnées (IAH) est le nombre d'apnées et d’hypopnées cumulées par heure de sommeil, mesuré lors d’un examen du sommeil. Il permet de poser le diagnostic (au moins 5 apnées ou hypopnées par heure de sommeil) et de déterminer la sévérité de la maladie.
Pourquoi l'apnée du sommeil est-elle si souvent "invisible" chez la femme ?
Contrairement aux idées reçues, l’apnée du sommeil n’est pas qu'une pathologie masculine. Chez la femme, elle avance souvent masquée derrière des signes que l’on attribue à tort au stress, à la fatigue chronique ou à l’âge.
Les signes qui doivent vous alerter
Parce que votre physiologie est différente, vos symptômes le sont aussi. Identifiez-vous ces signaux dans votre quotidien ?
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☀️ Au réveil et en journée
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🌙Durant la nuit
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Épuisement persistant : sensation de ne pas avoir dormi, même après une longue nuit. |
Insomnies répétées : difficultés à s'endormir ou réveils fréquents sans raison apparente. |
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Maux de tête matinaux : une lourdeur au réveil qui s'estompe après quelques heures. |
Réveils anxieux : sensation de souffle court ou palpitations nocturnes. |
| Charge mentale & Humeur : irritabilité, difficulté de concentration ou sentiment de déprime. | Syndrome des jambes sans repos : besoin impérieux de bouger les membres pour trouver le confort. |
Identifier l'apnée demande de regarder au-delà des clichés. Voici comment les signes divergent entre les hommes et les femmes :
L'explication est avant tout biologique. Votre corps possède des mécanismes de protection naturels qui modifient la manière dont l'apnée se manifeste :
Les œstrogènes et la progestérone agissent comme des « tonifiants » pour vos voies respiratoires. Pendant le sommeil, vos muscles s'affaissent moins que ceux des hommes, ce qui évite souvent les arrêts respiratoires complets.
C'est la grande différence. Là où l'homme fait des arrêts totaux (apnées), la femme subit plus souvent des hypopnées (une simple diminution du flux d'air). C'est plus discret, mais tout aussi fatiguant pour l'organisme.
Les femmes ont généralement un seuil d'éveil respiratoire plus bas. Cela signifie que votre cerveau détecte plus vite le manque d'oxygène et vous réveille immédiatement. Résultat : vous ne faites pas forcément de longues apnées spectaculaires, mais votre sommeil est haché par des micro-réveils incessants.
À degré d'apnée égal, les femmes présentent souvent un IMC (Indice de Masse Corporelle) plus élevé ou une distribution des graisses différente (plus concentrée sur le haut du corps), ce qui influence la pression exercée sur les voies aériennes.
Un diagnostic plus complexe : pourquoi les signaux sont plus subtils
Si l'apnée est plus difficile à détecter chez les femmes, c'est pour des raisons physiologiques précises. Les hormones (œstrogènes et progestérone) protègent la tonicité des voies respiratoires, ce qui modifie la nature des symptômes.
Les particularités féminines lors des tests :
- Plus d'hypopnées que d'apnées : Au lieu d'arrêts complets de la respiration, les femmes subissez souvent des diminutions de flux (hypopnées).
- Un sommeil plus fragmenté : Votre seuil d'éveil est plus bas. Votre cerveau "alerte" plus vite, entraînant des micro-réveils fréquents qui épuisent votre organisme sans que vous ne vous en rendiez compte.
- Un IAH (Index) souvent plus faible : Même avec un score moins élevé que celui d'un homme, votre fatigue peut être tout aussi handicapante.
En savoir plus sur le diagnostique de l'apnée du sommeil
Les conséquences : un impact plus lourd sur votre santé
L'apnée du sommeil n'est pas qu'un trouble du repos, c'est une pathologie qui affecte tout votre équilibre biologique.
Des risques de santé accrus
Les femmes atteintes de SAOS présentent plus fréquemment des maladies associées que les hommes :
- Diabète et Asthme
- Insomnie chronique et Dépression
- Vulnérabilité cardiovasculaire : Ce risque augmente considérablement après la ménopause, lorsque la protection hormonale diminue.
Une qualité de vie plus impactée
Les études montrent que les femmes obtiennent des scores de bien-être inférieurs à ceux des hommes face à l'apnée. La fatigue mentale et physique est plus prononcée, pesant lourdement sur la vie professionnelle et personnelle.
Grossesse et ménopause : deux périodes de vigilance accrue
L’apnée obstructive du sommeil concerne environ 1 FEMME SUR 20 au cours de la grossesse et nécessite une prise en charge spécifique.
La grossesse favorise la survenue de l’apnée obstructive du sommeil
Les modifications physiologiques au cours de la grossesse favorisent la survenue du SAOS :
- Modifications hormonales
- Prise de poids
- oedèmes (gonflement) des jambes
L’apnée obstructive du sommeil est plus fréquente au cours de la grossesse chez les femmes présentant un ou plusieurs de ces facteurs :
- Situation d’obésité avant la grossesse (Indice de Masse Corporelle supérieur ou égal à 30 kg/m2)
- Âge supérieur à 30 ans
- Prise de poids rapide lors du premier trimestre
- Hypertension artérielle
Risques liés à l’apnée du sommeil au cours de la grossesse
L’apnée obstructive du sommeil peut entraîner des complications :
- Pour la mère : diabète gestationnel, hypertension artérielle associée ou non à la présence de protéines dans les urines (prééclampsie), augmentation du risque de césarienne et juste après l’accouchement des complications cardiaques
- Pour l’enfant : retard de croissance intra-utérin, prématurité
Une prise en charge adaptée permet de réduire les symptômes et les risques associés. Le traitement par Pression Positive Continue (PPC) a montré un effet bénéfique sur l’amélioration de la qualité du sommeil, la diminution de la pression artérielle et la diminution du risque de prééclampsie.
La Pression Positive Continue n’est pas le seul traitement de l’apnée obstructive du sommeil.
Quel traitement pour mon apnée ?
Être traitée par Pression Positive Continue pendant la grossesse
Entre les changements corporels liés à la grossesse et les contraintes de l’appareil, vivre une grossesse et suivre un traitement par Pression Positive Continue peut paraître difficile. Des astuces peuvent améliorer le bien-être et la tolérance au traitement durant cette période si particulière :
- bien s’installer pour dormir :
- dormir sur le côté, si possible le gauche pour améliorer la circulation sanguine
- utiliser des coussins de grossesse pour trouver une position confortable avec le masque - en cas de reflux gastro-oesophagien, surélever l’oreiller ou la tête de lit
- en cas de nez bouché, utiliser des sprays d’eau de mer ou des solutions salines pour libérer le nez avant de mettre le masque
Soutien psychologique et gestion des émotions
Le stress et l’anxiété peuvent en effet rendre l’endormissement plus difficile. Des exercices de respiration profonde, de la méditation ou de la sophrologie peuvent aider à se détendre avant de dormir.
Communiquer avec son partenaire et/ou d’autres femmes enceintes qui vivent la même situation peut être très réconfortant. Des associations de patients et des forums en ligne peuvent vous apporter conseils et soutien.
Les troubles du sommeil concernent environ 1 FEMME SUR 2 en périménopause et ménopause.
La fréquence de survenue de l’apnée obstructive du sommeil double après la ménopause par rapport à une femme non ménopausée, atteignant des taux similaires à ceux observés chez les hommes.
La ménopause favorise la survenue de l’apnée obstructive du sommeil
La périménopause et la ménopause se caractérisent par des modifications hormonales, et notamment la diminution de la production de la progestérone et des œstrogènes. La baisse de ces hormones favorise la survenue ou l'aggravation de l’apnée obstructive du sommeil pour deux raisons principales :
- la diminution du tonus musculaire des voies respiratoires : Chez la femme non ménopausée, les hormones (progestérone et œstrogènes) agissent comme des stimulants du tonus musculaire des voies respiratoires, permettant de garder les voies respiratoires ouvertes. Leur diminution à la ménopause affaiblit ces muscles, ce qui favorise les apnées.
- la prise de poids et la redistribution des graisses : La ménopause s’accompagne fréquemment d’une prise de poids, et d’une redistribution des graisses vers la partie supérieure du corps, deux facteurs qui favorisent la survenue d’une apnée obstructive du sommeil.
Les symptômes de l’apnée obstructive du sommeil chez la femme après la ménopause
Les symptômes de l'apnée du sommeil après la ménopause sont souvent atypiques, et différents de ceux d’un homme ou d’une femme non ménopausée :
- Fatigue pendant la journée
- Bouffées de chaleur
- Sueurs nocturnes
- Se lever plus d’une fois la nuit pour aller uriner
- Difficulté à s’endormir ou réveils la nuit avec difficulté à se rendormir
Cela explique qu’ils peuvent être confondus avec d’autres signes de la ménopause ou avec de l’anxiété. Ces signes reflètent généralement une fragmentation importante du sommeil (sommeil interrompu plusieurs fois par nuit).
Les risques pour la santé de l’apnée obstructive du sommeil
Les troubles du sommeil liés à la ménopause augmentent le risque de développer une maladie cardiovasculaire (comme l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral ou l’insuffisance cardiaque) ou un syndrome métabolique (caractérisé par un excès de sucres ou de graisses dans le sang).
Les troubles du sommeil les plus souvent associés au risque cardiovasculaire sont l’apnée du sommeil et les plaintes d'insomnie persistantes.
Les traitements de l’apnée obstructive du sommeil
Dans tous les cas, prendre soin de son hygiène de vie est particulièrement important à cette période de la vie :
- Perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité
- Augmenter son niveau d’activités physiques quotidiennes
- Éviter les boissons alcoolisées
- Adopter des horaires de sommeil réguliers
Le choix de mettre en place un traitement spécifique repose sur l’évaluation de la sévérité de la maladie par le médecin spécialiste du sommeil. Plusieurs traitements spécifiques existent : L’orthèse d’avancée mandibulaire, la ventilation nasale par pression positive continue (appelée aussi PPC), et, dans des cas beaucoup plus rares, une intervention chirurgicale ou la mise en place d’un stimulateur du nerf hypoglosse.
Quel traitement pour mon apnée ?
Être traitée par Pression Positive Continue après la ménopause
Les bouleversements de la ménopause et la nécessité d’utiliser un appareil la nuit peuvent nécessiter d’adapter son mode de vie pour améliorer son bien-être et la tolérance au traitement :
- Maintenir la chambre fraîche (ventilateur ou climatiseur)
- Appliquer un gant de toilette humide et frais sur le masque pour procurer une sensation de fraîcheur
- Instaurer un rituel apaisant au moment du coucher (méditation, respiration profonde) peut améliorer les difficultés d'endormissement
L’importance d’en parler. Pour mieux vivre cette maladie et le traitement, il est essentiel de ne pas rester seule, et de:
- Solliciter le soutien de son entourage
- Rejoindre des groupes de patients
- Communiquer avec le prestataire
- Demander conseil à son médecin du sommeil ou son gynécologue
Comprendre les spécificités de l’apnée du sommeil chez la femme en 2 minutes
L’adaptation du traitement par Pression Positive Continue (PPC) chez la femme
Il existe plusieurs options pour traiter l’apnée obstructive du sommeil (PPC, orthèse d'avancée mandibulaire, chirurgie...). Lorsque la Pression Positive Continue est préconisée, son succès repose sur une personnalisation de l'appareillage aux besoins spécifiques de la patiente.
Tout savoir sur le traitement par PPC et les alternatives
Des paramètres ajustés à la physiologie féminine
L’importance du choix du masque
La morphologie faciale est un critère déterminant dans le choix du matériel. Pour garantir l'efficacité de la thérapie, plusieurs points sont généralement évalués par les professionnels de santé
L’optimisation de la pression délivrée
Les études montrent que les femmes présentent fréquemment un profil respiratoire différent, avec une prédominance d'hypopnées (obstructions partielles).
L'intégration du traitement au quotidien
L'adoption d'un dispositif médical nocturne représente une étape importante. Il est tout à fait habituel de traverser une phase d'adaptation concernant l'image de soi ou l'organisation du sommeil.
Le rôle de l'entourage : L'efficacité du traitement est étroitement liée à sa régularité (utilisation chaque nuit et lors des siestes). Le soutien des proches et la compréhension du bénéfice santé par l'entourage facilitent l'acceptation de l'appareillage et sa pérennisation au sein du foyer.
Impact physiologique d'un sommeil restauré sur l'organisme
Au-delà de la réduction des risques cardiovasculaires, le rétablissement d'un sommeil profond et oxygéné induit des bénéfices physiologiques visibles, agissant comme un véritable processus de récupération globale :
- Restauration cutanée : Le sommeil profond favorise la synthèse du collagène, essentielle à l'élasticité de la peau.
- Microcirculation : Une oxygénation constante durant la nuit participe à l'amélioration de la circulation sanguine périphérique (réduction des signes de fatigue sous les yeux).
- Équilibre métabolique : Un cycle de sommeil respecté contribue à la régulation des hormones de l'appétit et au bon fonctionnement du métabolisme cellulaire.
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