Apnées du sommeil : les femmes aussi sont concernées !

SOMMAIRE

L’apnée du sommeil est environ deux fois plus fréquente chez l’homme que chez la femme. Cependant, cette différence liée au sexe disparait après la ménopause. À partir des données de la cohorte française CONSTANCES, qui porte sur des adultes de 18 à 69 ans, 1 femme sur 6 présente des symptômes d’apnée du sommeil [1].

Comprendre ce qu’est l’apnée obstructive du sommeil

L’apnée obstructive du sommeil se caractérise par des arrêts involontaires et répétés de la respiration (appelés « apnées ») pendant le sommeil. Parfois, le flux d’air est très diminué mais ne s’arrête pas complètement: c’est une hypopnée. Chaque apnée ou hypopnée dure au moins 10 secondes.

L'index d'apnées/hypopnées (IAH) est le nombre d'apnées et d’hypopnées cumulées par heure de sommeil, mesuré lors d’un examen du sommeil. Il permet de poser le diagnostic (au moins 5 apnées ou hypopnées par heure de sommeil) et de déterminer la sévérité de la maladie. L’apnée du sommeil est considérée comme sévère si le nombre d’apnées et d’hypopnées par heure (IAH) est de 30 ou plus.

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Les symptômes d’apnée obstructive du sommeil chez la femme

Les hommes et les femmes présentent des différences physiques et physiologiques qui influencent la manifestation de leurs problèmes de santé. L’apnée obstructive du sommeil ne fait pas exception [2].


Comprendre les spécificités de l’apnée du sommeil chez la femme en vidéo

Les symptômes, les plus fréquemment rencontrés ou accentués chez la femme sont :

Au réveil et pendant la journée : maux de tête, somnolence, fatigue, anxiété, dépression.

Pendant la nuit : insomnie, cauchemars, syndrome des jambes sans repos.

Ces différences  dans la présentation de la maladie entre hommes et femmes peuvent expliquer un délai plus important au diagnostic d’apnée du sommeil chez la femme. Chez la femme, les symptômes peuvent sembler moins sévères et sont banalisés. Par ailleurs, les forts ronflements et les apnées constatées par l'entourage sont moins fréquents ou sous-déclarés en raison de la crainte du jugement de l’entourage.

Les particularités du diagnostic et les conséquences de l'apnée du sommeil

Comprendre les particularités du diagnostic de l’apnée obstructive du sommeil chez la femme

Les voies respiratoires de la femmes sont plus toniques pendant le sommeil grâce aux effets protecteurs des hormones sexuelles, notamment les œstrogènes et la progestérone. Les femmes atteintes d’apnée du sommeil présentent généralement une distribution des graisses plus concentrée sur le haut du corps et une obésité plus sévère (IMC plus élevé) que les hommes pour développer le même degré d'apnée. Cela explique que, par rapport aux hommes, les femmes présentent généralement [3] :

  • Un index d’apnées-hypopnées (IAH) plus faible,
  • Des diminutions du flux respiratoire (hypopnées) plutôt que des arrêts complets de la respiration (apnées),
  • Un seuil d’éveil respiratoire plus bas, entraînant des interruptions du sommeil plus fréquentes.

Ces éléments peuvent justifier de réaliser un examen du sommeil plus approfondi, tel qu’une polysomnographie, pour confirmer le diagnostic chez la femme.

La polysomnographie est un examen médical qui enregistre en plus de l’activité du cerveau, du cœur, et des muscles pendant le sommeil. Des capteurs supplémentaires sont posés sur la tête autour des yeux et sur les muscles.

Tout savoir sur l'examen

Les conséquences de l’apnée obstructive du sommeil : risques communs et différences selon le sexe

Les femmes atteintes d’apnée obstructive du sommeil présentent plus fréquemment que les hommes des maladies associées comme le diabète, l'asthme, l'insomnie et la dépression [4].

L'impact de l’apnée du sommeil sur la vie quotidienne semble plus fort chez les femmes, qui obtiennent de moins bons scores que les hommes aux questionnaires évaluant le sommeil, la dépression, et l'anxiété, avec des différences particulièrement prononcées concernant les symptômes de fatigue mentale et physique.

Enfin, les femmes semblent être plus vulnérables que les hommes aux effets du SAOS sur le système cardiovasculaire, notamment après la ménopause.

Accompagner chaque femme dans le traitement par la Pression Positive Continue

Il existe plusieurs traitements de l’apnée obstructive du sommeil. Le traitement par Pression Positive Continue est le plus utilisé pour les personnes présentant une apnée du sommeil sévère.

Tout savoir sur le traitement de la PPC et les alternatives

Selon les données de l’assurance maladie de 2024, environ 700 000 femmes[5] reçoivent un traitement par Pression Positive Continue pour l’apnée du sommeil. personnaliser la prise en charge et la conduite du traitement aux spécificités liées au genre est essentiel pour garantir son efficacité, confort et réussite sur le long terme.

Adapter le traitement par Pression Positive Continue aux particularités de la femme

→  L’importance du choix du masque 

Chez la femme, plusieurs facteurs sont à prendre en compte au moment du choix et des essais du masque[6] :

  • La morphologie du visage : le visage d’une femme étant souvent plus fin que celui d’un homme, prendre le temps de bien choisir et adapter le masque est essentiel pour assurer l’efficacité du traitement, le confort et éviter les fuites autour des yeux,
  • La prise en compte du ressenti de claustrophobie ou d’anxiété liée au port du masque,
  • La fragilité et la sensibilité de la peau, qui pourraient créer des irritations cutanées aux points de pression du masque.

→  L’importance du niveau de pression délivrée par la PPC 

Bien optimiser le niveau de pression délivré par la PPC est important car les femmes présentent plus d’hypopnées (obstruction partielle des voies respiratoires) que d’apnées (obstruction complète des voies respiratoires) et un seuil d’éveil plus bas que les hommes[7]. Ainsi, des pressions de traitement plus basses que pour un homme peuvent être efficaces et être mieux tolérées. 

Intégrer le traitement par Pression Positive Continue dans son quotidien 

Pour que le traitement de l’apnée obstructive du sommeil par Pression Positive Continue soit efficace, il est essentiel de l’utiliser à chaque période de sommeil. Cela implique concrètement d’utiliser l’appareillage toutes les nuits, y compris pendant les siestes, et pendant toute la durée du sommeil. Cependant, dormir avec un appareil médical et porter un masque peut soulever des questions sur l’image de soi. Il est tout à fait normal de se sentir gênée ou consciente de son apparence en début de traitement. Ces préoccupations sont légitimes et font partie du processus d’adaptation au traitement.

Le véritable obstacle pour la vie sociale et le couple n’est pas l’appareil ou le masque, mais la fatigue et l’irritabilité qui peuvent être causées par l’apnée obstructive du sommeil. Le soutien et l’encouragement des proches sont des facteurs clés de l'acceptation et de la réussite du traitement par Pression Positive Continue.[8] Des études scientifiques ont prouvé que les patients bénéficiant de ce soutien ont plus de facilité et sont plus constants dans le suivi de leur traitement.

Améliorer son apparence grâce à un sommeil réparateur

Utiliser le traitement par Pression Positive Continue toutes les nuits et pendant toute la durée du sommeil peut avoir un impact visible : bien dormir grâce à votre appareil peut permettre de se sentir mieux.

Le masque se porte la nuit, dans l’obscurité, mais les bénéfices se voient le jour. Un sommeil de bonne qualité peut avoir un effet direct sur l’apparence[9] :

  • une plus belle peau grâce à la production de collagène pendant la nuit,
  • moins de cernes et de poches sous les yeux grâce à la meilleure microcirculation du sang,
  • un visage plus reposé,
  • un métabolisme plus équilibré, ce qui est important pour contrôler son poids et la régénération cellulaire.

Grossesse, ménopause : comprendre l’impact hormonal sur l’apnée obstructive du sommeil et son traitement

Apnée obstructive du sommeil et grossesse

L’apnée obstructive du sommeil concerne environ 1 FEMME SUR 20 [9] au cours de la grossesse et nécessite une prise en charge spécifique.

La grossesse favorise la survenue de l’apnée obstructive du sommeil 

Les modifications physiologiques au cours de la grossesse favorisent la survenue du SAOS [9]

  • Modifications hormonales
  • Prise de poids
  • oedèmes (gonflement) des jambes

L’apnée obstructive du sommeil est plus fréquente au cours de la grossesse chez les femmes présentant un ou plusieurs de ces facteurs :

  • Situation d’obésité avant la grossesse (Indice de Masse Corporelle supérieur ou égal à 30 kg/m2)
  • Âge supérieur à 30 ans
  • Prise de poids rapide lors du premier trimestre
  • Hypertension artérielle

Risques liés à l’apnée du sommeil au cours de la grossesse 

L’apnée obstructive du sommeil peut entraîner des complications :

Pour la mère : diabète gestationnel, hypertension artérielle associée

ou non à la présence de protéines dans les urines (prééclampsie),

augmentation du risque de césarienne et juste après l’accouchement :

des complications cardiaques.

Pour l’enfant : retard de croissance intra-utérin, prématurité

Une prise en charge adaptée permet de réduire les symptômes et les risques associés. Le traitement par Pression Positive Continue (PPC) a montré un effet bénéfique sur l’amélioration de la qualité du sommeil, la diminution de la pression artérielle et la diminution du risque de prééclampsie.

La Pression Positive Continue n’est pas le seul traitement de l’apnée obstructive du sommeil. 

Quel traitement pour mon apnée ?

Être traitée par Pression Positive Continue pendant la grossesse

Entre les changements corporels liés à la grossesse et les contraintes de l’appareil, vivre une grossesse et suivre un traitement par Pression Positive Continue peut paraître difficile. Des astuces peuvent améliorer le bien-être et la tolérance au traitement durant cette période si particulière :

  • bien s’installer pour dormir :
    - dormir sur le côté, si possible le gauche pour améliorer la circulation sanguine,
    - utiliser des coussins de grossesse pour trouver une position confortable avec le masque
  • en cas de reflux gastro-oesophagien, surélever l’oreiller ou la tête de lit,
  • en cas de nez bouché, utiliser des sprays d’eau de mer ou des solutions salines pour libérer le nez avant de mettre le masque.

Soutien psychologique et gestion des émotions 

Le stress et l’anxiété peuvent en effet rendre l’endormissement plus difficile. Des exercices de respiration profonde, de la méditation ou de la sophrologie peuvent aider à se détendre avant de dormir. 

Communiquer avec son partenaire et/ou d’autres femmes enceintes qui vivent la même situation peut être très réconfortant. Des associations de patients et des forums en ligne peuvent vous apporter conseils et soutien.

Apnée obstructive du sommeil et ménopause

Les troubles du sommeil concernent environ une femme sur deux en périménopause et ménopause. La fréquence de survenue de l’apnée obstructive du sommeil double après la ménopause par rapport à une femme non ménopausée, atteignant des taux similaires à ceux observés chez les hommes. 

La ménopause favorise la survenue de l’apnée obstructive du sommeil 

La périménopause et la ménopause se caractérisent par des modifications hormonales, et notamment la diminution de la production de la progestérone et des œstrogènes. La baisse de ces hormones favorise la survenue ou l'aggravation de l’apnée obstructive du sommeil pour deux raisons principales :

  • la diminution du tonus musculaire des voies respiratoires : Chez la femme non ménopausée, les hormones (progestérone et œstrogènes) agissent comme des stimulants du tonus musculaire des voies respiratoires, permettant de garder les voies respiratoires ouvertes. Leur diminution à la ménopause affaiblit ces muscles, ce qui favorise les apnées,
  • la prise de poids et la redistribution des graisses : la ménopause s’accompagne fréquemment d’une prise de poids, et d’une redistribution des graisses vers la partie supérieure du corps, deux facteurs qui favorisent la survenue d’une apnée obstructive du sommeil.

Les symptômes de l’apnée obstructive du sommeil chez la femme après la ménopause

Les symptômes du SAOS après la ménopause sont souvent atypiques, et différents de ceux d’un homme ou d’une femme non ménopausée :

  • Fatigue pendant la journée
  • Bouffées de chaleur
  • Sueurs nocturnes
  • Se lever plus d’une fois la nuit pour aller uriner
  • Difficulté à s’endormir ou réveils la nuit avec difficulté à se rendormir

Cela explique qu’ils peuvent être confondus avec d’autres signes de la ménopause ou avec de l’anxiété. Ces signes reflètent généralement une fragmentation importante du sommeil (sommeil interrompu plusieurs fois par nuit).

Les risques pour la santé de l’apnée obstructive du sommeil 

Les troubles du sommeil liés à la ménopause augmentent le risque de développer une maladie cardiovasculaire (comme l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral ou l’insuffisance cardiaque) ou un syndrome métabolique (caractérisé par un excès de sucres ou de graisses dans le sang). 

Les troubles du sommeil les plus souvent associés au risque cardiovasculaire sont l’apnée du sommeil et les plaintes d'insomnie persistantes. 

Les traitements de l’apnée obstructive du sommeil

Dans tous les cas, prendre soin de son hygiène de vie est particulièrement important à cette période de la vie :

  • Perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité,
  • Augmenter son niveau d’activités physiques quotidiennes,
  • Éviter les boissons alcoolisées,
  • Adopter des horaires de sommeil réguliers.

Le choix de mettre en place un traitement spécifique repose sur l’évaluation de la sévérité du SAOS par le médecin spécialiste du sommeil. Plusieurs traitements spécifiques existent: L’orthèse d’avancée mandibulaire, la ventilation nasale par pression positive continue (appelée aussi PPC), et, dans des cas beaucoup plus rares, une intervention chirurgicale ou la mise en place d’un stimulateur du nerf hypoglosse.

Quel traitement pour mon apnée ?

Être traitée par Pression Positive Continue après la ménopause 

Les bouleversements de la ménopause et la nécessité d’utiliser un appareil la nuit peuvent nécessiter d’adapter son mode de vie pour améliorer son bien-être et la tolérance au traitement :

  • Maintenir la chambre fraîche (ventilateur ou climatiseur)
  • Appliquer un gant de toilette humide et frais sur le masque pour procurer une sensation de fraîcheur,
  • Instaurer un rituel apaisant au moment du coucher (méditation, respiration profonde) peut améliorer les difficultés d'endormissement. 

L’importance d’en parler. Pour mieux vivre cette maladie et le traitement, il est essentiel de ne pas rester seule, et de: 

  • Solliciter le soutien de son entourage,
  • Rejoindre des groupes de patients,
  • Communiquer avec le prestataire,
  • Demander conseil à son médecin du sommeil ou son gynécologue.

Sources

[1] Balagny,  Prevalence, treatment and determinants of obstructive sleep apnoea and its symptoms in a population-based French cohort Open Research 2023 DOI: 10.1183/23120541.00053-2023 ERJ   
[2] Dunietz GL et coll. Obstructive Sleep Apnea in Women: Associations with Reproductive Aging and Screening Challenges. Chest 2025 
[3] Esther I. Schwarz,, Sex differences in sleep and sleep-disordered breathing; Curr Opin Pulm Med 2024, 30:593–599; DOI:10.1097/MCP.0000000000001116 
[4] Bouloukaki I. Evaluation of Obstructive Sleep Apnea in Female Patients in Primary Care: Time for Improvement? Med Princ Pract 2021; DOI: 10.1159/000518932. 
Sources traitement par PPC et de la femme
[5] Source Open LPP : base complète sur les dépenses de dispositifs médicaux inscrits à la liste des produits et prestations (LPP) -  2024
[6] Vidal et coll Mask side‑effects are related to gender in long‑term CPAP: results from the InterfaceVent real‑life study; Respiratory Research 2024 DOI : 
10.1186/s12931-024-02965-1
Ludger Grote et coll.  The Swedish sleep apnea registry (SESAR) cohort – “Real world data” on a national level; Sleep Medicine 2024 DOI : https://doi.org/10.1016/j.sleep.2024.09.039
Izolde Bouloukaki et coll, Evaluation of Obstructive Sleep Apnea in Female Patients in Primary Care: Time for Improvement; Med Princ Pract 2021 DOI: 10.1159/000518932
Esther I. Schwarz et coll Sex differences in sleep and sleep-disordered breathing;, Curr Opin Pulm Med 2024 30:593–599; DOI:10.1097/MCP.0000000000001116
Dunietz et coll OSA in Women: Associations With Reproductive Aging and Screening Challenges. Chest.2025 DOI : https://doi.org/10.1016/j.chest.2025.08.001
Open LPP : bases complémentaires sur les dépenses de dispositifs médicaux inscrits à la liste des produits et prestations (LPP) - 2014 à 2024
[7] Gentina, T. et coll.. Marital quality, partner's engagement and continuous positive airway pressure adherence in obstructive sleep apnea., Sleep Medicine 2019 DOI :  55,56-61
[8] Chervin, R. D. et coll The Face of Sleepiness: Improvement in Appearance after Treatment of Sleep Apnea.Journal of Clinical Sleep Medicine 2013  DOI :  09(09), 845–852.
Sources : Apnée du sommeil et grossesse
[9]Liu L, et coll. The prevalence of obstructive sleep apnea and its association with pregnancy-related health outcomes: a systematic review and meta-analysis. Sleep Breath 2019. https://doi.org/10.1007/s11325-018-1714-7
[10] Bironneau V. Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives de la femme enceinte, Revue des Maladies Respiratoires 2024 https://doi.org/10.1016/j.rmr.2024.10.001 
Sources : Apnée du sommeil et Ménopause
Thibaut Gentina et coll.. Marital quality, partner's engagement and continuous positive airway pressure adherence in obstructive sleep apnea ScienceDurect 2019 DOI : https://doi.org/10.1016/j.sleep.2018.12.009
Bouloukaki I et coll.. Evaluation of obstructive sleep apnea in female patients in primary care: Time for improvement? Med Princ Pract 2021 DOI: 10.1159/000518932
Dunietz GL et coll.. Obstructive sleep apnea in women: Associations with reproductive aging and screening challenges. Chest 2025 DOI: 10.1016/j..08.001
Schwarz EI et coll.. Sex differences in sleep and sleep-disordered breathing. Curr Opin Pulm Med 2024 DOI:10.1097/MCP.0000000000001116