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Douleurs : une réalité de la Maladie de Parkinson à ne pas négliger

Crampes, douleurs inflammatoires ou neuropathiques… ne sont pas les premiers symptômes cités de la maladie de Parkinson. Et pourtant… 86% des patients déclarent des douleurs fréquentes1. A l’occasion de la journée mondiale contre la douleur le 19 octobre 2020, Orkyn’ encourage les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à décrire les douleurs ressenties lors des consultations pour une meilleure prise en charge.

86% des patients déclarent des douleurs fréquentes et 61 % des malades arrivent à distinguer les douleurs liées à la maladie de Parkinson1.

Bien décrire la douleur

Les douleurs sont très variées et ressenties différemment entre les malades. La douleur peut être présente à n’importe quel stade de la maladie ; notamment à un stade inaugural avant même les premiers symptômes dans 10% à 20 % des cas5 !

La douleur est un mal difficile à communiquer, et quels que soient les efforts pour la décrire, il est difficile de transmettre précisément ce que l’on ressent à celui qui soigne2. Examen, prise de sang, scanner, biomarqueur… aucune de ces solutions ne permet d’objectiver la douleur. Lors de la consultation, le témoignage de la douleur ressentie doit donc être encouragé. Elle a potentiellement un fort impact sur la qualité de vie de la personne atteinte de la maladie de Parkinson et peut contraindre fortement ses activités quotidiennes. Augmentant la fatigue, limitant le sommeil, réduisant la mobilité et les relations sociales, la douleur peut accroître le handicap et la souffrance liés à la maladie neurologique.

Pour une meilleure prise en charge, il est important de bien décrire la douleur3 :

  • sa localisation : est-ce sur le côté le moins mobile ?
  • le moment : est-il concomitant aux blocages moteurs ? Y-a-t-il une relation avec la prise de médicaments ?

Il peut être utile d'établir un calendrier pour y consigner les épisodes douloureux, ce qui permettra de compléter l'examen médical pratiqué par le médecin5. Celui-ci pourra alors déterminer si les douleurs sont associées à des periodes "OFF" ou encore au traitement suivi. Depuis 3 ans, ORKYN' propose l'actimétrie pour suivre les fluctuations motrices de ses patients parkinsoniens. Cette technologie peut constituer un élément complémentaire utile à la décision de prise en charge par le médecin neurologue. 

Parler de ses douleurs, mais à qui ?

Selon la localisation et le type de douleur articulaire, abdominale, uro-génitale, … le patient fera appel en première intention respectivement à un rhumatologue, un hépato-gastroentérologue ou encore à un urologue. Le médecin pourra alors recourir à des explorations complémentaires (bilan sanguin, radiologie, IRM*, ENMG**…) pour définir les contours d’une prise en charge thérapeutique.

Douleur et maladie de Parkinson : quels liens ?

La maladie de Parkinson résulte d’un déficit en neurotransmetteur, la dopamine, accompagné de symptômes moteurs mais aussi d’effets sur le système d’autodéfense antidouleur. Ce manque de dopamine serait responsable du dysfonctionnement du seuil de la douleur1.  Effectivement, l’hyperactivation de la douleur s’annule avec une apport exogène de dopamine. Ceci étant, la dopamine ne serait pas le seul neurotransmetteur concerné. La noradrénaline, impliquée dans la douleur d’autres maladies, jouerait également un rôle dans la survenue des douleurs chez la personne atteinte de la maladie de Parkinson.

Douleurs nociceptives et neuropathiques

On distingue 2 catégories de douleurs liées à la maladie de Parkinson4,1

  • des douleurs nociceptives  ou douleurs mécaniques. Elles sont liées aux symptômes moteurs : raideurs, crampes musculaires... Ces douleurs sont majoritairement localisées dans le dos, le cou, les épaules, les mollets, les orteils.
  • des douleurs neuropathiques ou dysfonctionnelles qui ne sont pas directement en rapport avec les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson. Plus difficiles à diagnostiquer, ces douleurs sont des sensations de compression, de brûlures, d’engourdissements, des douleurs lancinantes.

Les douleurs liées directement aux symptômes moteurs sont améliorables en adaptant la dose et la fréquence du traitement antiparkinsonien. Les douleurs neuropathiques sont plus complexes à traiter et feront appel à une prise en charge plus globale avec notamment des prescription d'opioïdes, antidépresseurs ou antiépileptiques4,1.Dans la majorité des cas, il est nécessaire d’y adjoindre des traitements non médicamenteux. Des séances de kinésithérapie ou de physiothérapie auront pour but de corriger la posture afin de soulager les douleurs liées aux contractions musculaires involontaires (dystonies) notamment dans les périodes "OFF"5. Des massages permettront d'étirer les muscles et de soulager au moins temporairement les douleurs musculaires ressenties.  Le recours au Yoga, Taï-chi, Taïso ou Qui-Kong1, qui sont des méthodes de relaxation et de renforcement musculaire basées sur le mouvement lent et équilibré peuvent permettre la reprise des activités physiques, qui doit constituer le principal objectif de la prise en charge. Afin d’aborder l’aspect anxiogène et mentalement éprouvant que peuvent générer ces douleurs parfois quotidiennes, des séances de relaxation, un soutien psychologique ou des approches globales par thérapie cognitive et comportementale (TCC) sont des options vers lesquelles se diriger. Quelles que soient les approches choisies par le couple médecin-patient, celles-ci aborderont le patient dans sa globalité, en prenant en compte son ressenti, ses contraintes physiques ainsi que l'histoire de sa pathologie.
 
Identifier les douleurs et bien évaluer leur impact tant physique que psychologique est donc capital pour conserver au maximum autonomie et qualité de vie.
 
Sources

1- France Parkinson : Comprendre et accompagner la douleur dans la maladie de Parkinson 2- Les écho : La douleur, cette grande inconnue de la médecine 3- France Parkinson : La douleur dans la maladie de Parkinson  4 - Douleur et analgésie, 2017 : La douleur dans la maladie de Parkinson. 5- Groupe Parkinson 2

 *imagerie par résonance magnétique **électroneuromyogramme

Parkinson : la pratique du sport ralentit la maladie