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Qu’est-ce que le diabète gestationnel? 

Il y a trois types de diabète : le diabète de type 1, le diabète de type 2 et le diabète gestationnel sur lequel nous allons nous focaliser.

Définition du diabète gestationnel

Le diabète gestationnel, appelé aussi le “diabète de grossesse” peut survenir chez la femme enceinte vers la fin du second trimestre. Comme pour le diabète de type 1 et de type 2, le diabète gestationnel provient d’un trouble de la régulation du sucre dans le sang, entraînant de l’hyperglycémie chronique. La grossesse est par nature diabétogène car l'équilibre hormonal de la femme est modifié, pouvant entraîner une résistance à l’action de l’insuline sur l’organisme.

2 à 6% des femmes enceintes sont concernées par un diabète gestationnel

Le diabète gestationnel apparaît en deuxième moitié de grossesse et disparaît la plupart du temps après la naissance de l’enfant, contrairement au diabète pré-gestationnel (qui préexistait avant la grossesse). 

Quels sont les symptômes du diabète gestationnel ? 

Le diabète gestationnel peut présenter les mêmes symptômes que les diabète de type 1 et 2, ou être asymptomatique.

Un dépistage du diabète gestationnel est effectué de façon systématique au cours de la grossesse. Ce dépistage peut être réalisé de trois manières : 

  • par détection du sucre dans les urines à l’aide de bandelettes tout au cours du suivi mensuel de la femme enceinte,
  • par mesure de la glycémie à jeûn (au cours du premier trimestre), 
  • par un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) entre les 24ème et 28ème semaines d’aménorrhée. Ce test consiste à absorber 75g de glucose dans un grand verre d’eau, et d’effectuer des mesures de la glycémie 1h puis 2h après l’ingestion.

Les symptômes ressentis par la future mère lors d’un diabète gestationnel sont les mêmes que ceux que ressent le diabétique de type 1 ou 2 : fatigue inhabituelle, soif intense, urines fréquentes… Afin qu’il soit dépisté au plus tôt et pour éviter des risques pour le fœtus ou un accouchement prématuré, il est important d’informer son médecin gynécologue à l’apparition de tels symptômes. Comme pour les diabétiques de type 1 et 2, l’équipe médicale établira un programme de prévention consistant à limiter les conséquences d’une glycémie élevée. Ce programme inclura une activité physique adaptée régulière et un accompagnement nutritionnel permettant de maintenir une glycémie normale en indiquant les aliments à éviter et la conduite à tenir en cas d’hypoglycémie.

Quels sont les risques du diabète gestationnel ? 

Si le diabète gestationnel peut engendrer des complications pour la mère et l’enfant, son dépistage systématique permet aujourd’hui d’en limiter les conséquences. En effet, lorsqu’il est dépisté suffisamment tôt, lors des dosages de la glycémie à jeun ou à l’aide du test d’HGPO, une prise en charge diététique et une activité physique régulière peuvent être suffisants pour éviter ces potentielles complications.

Il est important de comprendre que puisque la grossesse gestationnelle survient en deuxième partie de grossesse, le fœtus n’a pas été exposé à l’excès de glucose dès la conception. L’enfant à naître ne présente donc aucun risque de développer une malformation pouvant être provoquée par une exposition à des quantités élevées de glucose au cours de l’organogénèse (développement foetal). En revanche, les complications périnatales (en particulier la macrosomie), liées à l’hyperglycémie maternelle, sont les mêmes lors du diabète gestationnel que pour une mère diabétique de type 1 ou 2.

Pour l’enfant, l’une des conséquences du diabète gestationnel est la macrosomie (poids élevé) conduisant à une augmentation de la quantité de liquide amniotique (hydramnios). Cet excès de liquide peut conduire à un accouchement prématuré et à des complications après la naissance : détresse respiratoire due à une maturation incomplète des poumons, et risques plus grands de développer un diabète de type 2 au cours de sa vie.    

Pour la mère comme pour l’enfant, le risque le plus grave est la prééclampsie (autrefois appelée toxémie gravidique). La prééclampsie est causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta et se caractérise par une pression artérielle élevée chez la mère (dite hypertension artérielle gravidique). Si elle n’est pas prise en charge, elle peut conduire à la crise d’éclampsie et à un accouchement prématuré provoqué en urgence par césarienne. Ces conséquences graves pour la mère comme pour l’enfant sont néanmoins relativement rares en France.

Quelles sont les causes du diabète gestationnel ?

Il existe des facteurs de risques liés à environ 50% des cas de diabète gestationnel :

  • Surpoids (IMC supérieur ou égal à 25)
  • Age (augmentation du risque à partir de 35 ans)
  • Présence de personnes diabétiques dans la famille
  • Femme ayant eu elle même un poids de naissance élevé
  • Diabète gestationnel (ou bébé de plus de 4 kg) lors d’une précédente grossesse.

Le diabète gestationnel est avant tout dû à un dérèglement hormonal causé par la grossesse :

  • En première partie de grossesse (jusqu’au 6eme mois), le pancréas sécrète des taux croissants d’insuline (hormone responsable de la régulation du taux de glucose dans le sang) pouvant entraîner des hypoglycémies.
  • En deuxième moitié de grossesse, la quantité plus importante d’hormones placentaires (hormone lactogène placentaire [HLP] et progestérone) conduit à une insulinorésistance de l’organisme. La plupart du temps, le pancréas sécrète davantage d’insuline permettant de s’adapter à ce dérèglement. Lorsque le pancréas ne permet pas de sécréter suffisamment d’insuline, cela conduit alors à une hyperglycémie puis à un diabète gestationnel.

Quel est le traitement du diabète gestationnel ? 

Le diabète gestationnel est aujourd’hui dépisté au niveau national de façon systématique et sa prise en charge efficace permet à la femme enceinte de vivre une grossesse sereine jusqu’à ce qu’elle accouche. 

Diagnostiqué rapidement, le diabète gestationnel peut être sans conséquence sur la santé de la mère et de l’enfant. L’efficacité de la prise en charge dépendra néanmoins de la motivation ou de l’observance de la future maman à suivre les consignes ou le traitement qui lui seront donnés par le professionnel médical.

Lors de la consultation médicale au cours de laquelle la future maman sera informée de son diabète gestationnel, un régime alimentaire adapté ainsi que des conseils nutritionnels utiles lui seront prodigués : calcul des apports caloriques des aliments, répartition des repas au cours de la journée, types de collations à privilégier en cas d’hypoglycémie. Le médecin lui conseillera également de surveiller régulièrement  sa glycémie au cours de la journée. Si les mesures alimentaires ne suffisent pas à contrôler le taux de sucre dans le sang, une prise en charge médicamenteuse pourra être prescrite avec des injections d’insuline par voie sous-cutanée afin d'atteindre l’objectif glycémique. 

En cas de problème à suivre les recommandations liées à cette prise en charge, il est important d’en faire part à son médecin.

L’allaitement maternel n’est pas contre-indiqué en cas de diabète gestationnel.

 

En savoir plus :

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Sources

  1. Risques du diabète gestationnel : Vidal.
  2. Dérèglement hormonal responsable du diabète gestationnel : site Ameli.